Actualités des dinosaures

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Actualités paléontologiques des dinosaures et des oiseaux

Re: Triceratops/Torosaurus, même combat

Posté par , le 4 319

Sur l'identité d'espèce tricé-toro :
D'abord il serait peut-être judicieux de citer ses sources (pour moi ici le wiki anglais sur le torosaure).
Cette hypothèse ne reste qu'une hypothèse, fort douteuse en l'occurrence.
Elle a été réfutée par Longrich en 2012 sur trois critères :
1/ Y a-t-il des individus différents retrouvés sur un même site dans la même strate ?
Non !
2/ Les tricés sont-ils "vraiment" plus jeunes que les Toros ?
Non seulement rien n'est établi, mais il semblerait bien que certains individus des "deux espèces" aient eu des âges comparables, voir même des tricés plus agés que certains toros. Donc carrément plutôt non !
3/ A-t-on des formes transitoires (d'un âge transitoire) entre les deux formes ?
Non !... De plus, les différences entre les différentes formes squelettiques semblent clairement exclure une possible évolution hypothétique de l'une vers l'autre. les faiblesses d'épaisseur de la collerette chez le tricé ne correspondent absolument pas à la localisation ultérieure des trous dans celle du toros. ; l'épaisseur relative du pourtour des collerettes sont quasi incompatibles ; etc., etc..

En gros cette hypothèse est à classer dans les nombreuses lubies ayant émaillées l'histoire de la conceptualisation du règne dinosaurien.

Alors deux choses :
a/ Sur la localisation des différents taxons : A moins de retrouver des fossiles exactement dans le même coin et dans la même strate, il y a fort à parier que deux squelettes d'apparences suffissamment similaires pour envisager la même identité, soient en fait différents, pour peu que les deux sites puissent avoir un million d'année de décalage (souvent la datation admet facilement un à plusieurs millions d'années de marge d'erreur).
Rappelons qu'Homo Sapien n'est apparu que voici 300 000 ans (et Néanderthal voici 450 000 ans), qu'un million d'année est donc considérable dans la dynamique évolutionnelle. Nous ne sommes même pas sûrs d'être génétiquement compatibles avec les premiers Homo Sapiens. Idem pour le coelacanthe (poisson dit fossile) et ses ancètres : Il y a des millions d'années d'évolution du système immunitaire (ayant eu à s'adapter à la diversification des microbes et autres bactéries et virus : l'apparentement fossilifère n'est pas tout).
Bref, à moins de circonstances exceptionnelles (même site même strate - et encore ? Par exemple si une crue soudaine ensevelit des lionnes disputant sa proie à un léopard, ce ne voudra pas dire que leurs fossiles retrouvés au même endroit révèleraient un dismorphisme d'une même espèce), il est douteux de vouloir attribuer deux fossiles quasi identiques à une même espèce, tout au plus peut-on les classer dans une "famille rapprochée", voir très rapprochée pourquoi pas.
b/ A contrario si l'on observe les différences morphologiques entre humains actuels : noirs-asiatiques, hommes-femmes, enfants-adultes, et plus encore dans la nature les dismorphismes juvéniles-adultes et sexuels (cervidés, arrachnoïdes, etc. ...), TOUTES les hypothèses  sur des possibles dismorphismes de genre entre des fossiles sensiblement différents sont possiblement autorisées, MAIS... dans la limite des restrictions antérieures (fossiles retrouvés sur un même site et même strate : la célèbre formation de Morisson s'étale sur plusieurs millions d'années entre le bas et le haut de la strate, où on ne retrouve pas les mêmes fossiles en haut et en bas... par exemple).

En dehors de cela, toute assimilation dismorphique à un même genre entre fossiles différents est irrémédiablement douteuse à priori. Ce n'est pas nécessairent intrinsèquement faux en soi, mais quasi indémontrable. On peut alors parler de "supputation raisonnable", à prendre avec précaution donc. En tout cas, ce genre de supputation doit être méticuleusement soumise à des épreuves de falsificabilité (mise en évidence des incompatibilités potentielles entre hypothèse et réalités observables, comme Longrich).

Enfin, n'oublions pas le caractère humain dans le monde de la paléonthologie (comme ailleurs !).
Certains paléonthologues ont envie de sortir du lot en émettant des hypothèses hardies. Plus l'hypothèse est iconoclaste plus elle risque de faire parler d'eux, et donc certains n'hésiteront pas à débrider totalement leur imagination pour ce faire (la paréïdolie consiste à voir de pseudo-formes significatives dans les nuages par exemple). Sont-ils pour autant des charlatants ? Oui et non : Ils peuvent être sincères dans leur démarche, mais à partir du moment où ils cessent d'adopter une attitude vraiment critique envers leurs hypothèses (les confronter méticuleusement aux contradictions factuelles), on peut dire qu'ils font preuve de "légèreté contre-productive".

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Edité le 15/09/2021 à 09:57 par NomDouteux


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Edité le 15/09/2021 à 10:03 par NomDouteux


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Edité le 15/09/2021 à 10:06 par NomDouteux

Re: [2021] Brèves de l'actualité des dinosaures

Posté par , le 42 229

Découverte de la plus petite empreinte fossile d’un bébé stégosaure

Elle correspond à l'ichnogenre Deltapodus et mesure à peine 6 cm de long. Elle a été trouvée sur un site à empreintes de plus grands individus, en Chine, dans la province du Xinjian, qui date du Crétacé inf.

Les empreintes des adultes mesurent 30 cm de long. Outre sa taille, celle de ce bébé s'en distingue par la forme, montrant que ce petit dinosaure se déplaçait avec le talon soulevé du sol, un peu comme le font aujourd’hui les oiseaux ou les chats.

On ne sait pas pourquoi il y a très peu d'empreintes de stégosaures juvéniles contrairement aux adultes, sans doute parce qu'elles sont plus difficiles à trouver, mais sans doute aussi parce que les très jeunes individus ne devaient pas se déplacer avec les troupeaux d'adultes.

Reconstitution du paléoenvironnement il y a 110 Ma. Image: Kaitoge

Référence: Stegosaur track assemblage from Xinjiang, China, featuring the smallest known stegosaur record. LIDA XING et al. PALAIOS (2021) 36 (2): 68–76. DOI: 10.2110/palo.2020.036.

Re: [2021] Brèves de l'actualité des dinosaures

Posté par , le 71 245

Nouveau dinosaure: Dzharatitanis kingi (gen. & sp. nov.)

L'espèce est basée sur une unique vertèbre caudale (USNM 538127), trouvée en 1997 dans la formation Bissekty (Ouzbekistan), qui date du Crétacé sup. (Turonien, donc de 94 à 90 Ma). Cette formation a déjà livré par le passé un titanosaure indéterminé.

L'analyse phylogénétique semble placer cette nouvelle espèce au sein des Rebbachisaurinae. Il s'agirait donc du 1er Rebbachisauridae d'Asie et l'un des plus jeunes de ce groupe. Les caractéristiques de la vertèbre suggèrent que Dzharatitanis pourrait être dérivé d'espèces européennes comme Demandasaurus.

Etymologie: Le nom de genre provient de la localité où a été découvert l'ossement (Dzharakuduk) et du grec titan. Le nom d'espèce est dédié en hommage au Dr. Christopher King (1943–2015), pour ses travaux sur la géologie d'Asie centrale.





Référence: Alexander Averianov and Hans-Dieter Sues (2021). First Rebbachisaurid Sauropod Dinosaur from Asia. PLoS ONE. 16(2): e0246620.

[2021] Brèves de l'actualité des dinosaures

Posté par , le 74 798

En 2019, Lee Rozada a soutenu une thèse sur le fameux site d'Angeac-Charente.
Il y notait notamment la présence d'"une nouvelle espèce d’ornithomimosaure non-ornithomimidé, dont de nombreux restent résultent d’une mort en masse d’un troupeau multigénérationnel dominé par des juvéniles et subadultes. D’abondants restes de sauropodes ont été transportés sur une plus ou moins grande distance avant d’être déposés sur le site. De nombreuses traces de morsure à la surface des restes de carapaces appartenant à plusieurs individus de tortues Pleurosternon bullockii résultent du comportement de prédation du crocodylomorphe Goniopholis, avec l’utilisation de la technique « casse-noix ». Les modifications osseuses post-dépositionnelles, comme la désarticulation, les déplacements, réorientations, fractures et traces de surface, résultent principalement de l’intense piétinement par les dinosaures."

Référence: Taphonomy of the assemblage of vertebrate fossil macroremains of the Lagerstätte of Angeac-Charente (Lower Cretaceous, Charente, France) = Taphonomie de l'assemblage de macrorestes fossiles de vertébrés du Lagerstätte d'Angeac-Charente (Crétacé inférieur, Charente, France). Lee Rozada. Paléontologie. Muséum national d'histoire naturelle - MNHN PARIS, 2019-06-04. Lien.

Il y a quelques jours, c'est un article de synthèse sur ce gisement qui est paru en ligne:
A Lower Cretaceous Lagerstätte from France: a taphonomic overview of the Angeac‐Charente vertebrate assemblage.  Lee Rozada, Ronan Allain, Romain Vullo et al. Lethaia. Online version: 23 January 2021. https://doi.org/10.1111/let.12394

Pour résumer, le site d'Angeac-Charente est bien un bonebed, un gisement où ont été retrouvés accumulés en masse des milliers d'ossements. L'intérêt est qu'il s'agit ici d'une période peu connue en Europe (Crétacé inférieur, plus précisément Berriasien-début du Valanginien, soit entre 145 et 135 millions d'années) et que le milieu de dépôt, un milieu marécageux, a permis la conservation des squelettes et de nombreuses traces d'activité (prédation, empreintes de pas, piétinements, etc.).
Le site a été fouillé pendant près d'une dizaine d'années et la récolte a été bonne: une centaine d'espèces, dont 16 de vertébrés avec des macrorestes, 22 espèces vertébrés parmi les microrestes, au moins 10 types de coprolites de vertébrés, de nombreuses traces de pas de sauropodes et de stégosaures, etc. La flore n'est pas en reste, c'est donc tout un écosystème qui a été fossilisé, comme figé dans le temps.



* Quelques informations sur les découvertes d'Angeac dans l'émission radio de cette semaine, la Méthode Scientifique, chez France Inter: Dinosaures, les rois maudits, avec Ronan Allain et Eric Buffetaut (podcastable).

* Déjà publié précédemment sur Futura-Sciences: Le site d'Angeac regorge de dinosaures, une mine d’or pour les paléontologues
* Angeac dans l'émission C'est toujours pas sorcier S1 E5 : Que reste-t-il des dinosaures ?
* Fil de discussion dédié au gisement d'Angeac.

Re: [2020] Brèves de l'actualité des dinosaures

Posté par , le 82 791

Parmi les dinosaures décrits en 2020 et par encore cités ici: Irisosaurus yimenensis, gen. et sp. nov., un Sauropodomorphe basal proche de l'argentin Mussaurus.

Il a été découvert en Chine dans la province du Yunnan, dans la formation Fengjiahe, datée du Jurassique inf. (Hettangien-Sinémurien, il y a environ 200 à 190 millions d'années). Il était plutôt petit (5 mètres de long) et sans doute bipède.



Référence: Claire Peyre de Fabrègues et al. (2020). "A new species of early-diverging Sauropodiformes from the Lower Jurassic Fengjiahe Formation of Yunnan Province, China". Scientific Reports. 10 (1): Article number 10961. doi:10.1038/s41598-020-67754-4.
 

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