Actualités dinosaures de l'année 2000

Sommaire

  • Novembre 2000
    • Le Saviez-vous ? Isanosaurus: le doyen des dinosaures sauropodes?
    • La DinoActualité - Comment les sauropodes se servaient-ils de leur cou?
  • Octobre 2000
    • Le Saviez-vous ? Débat sur l'extinction des dinosaures
    • La DinoActualité - Archaeoraptor: le chaînon manquant était une imposture
  • Septembre 2000
    • Le Saviez-vous ? Le premier dinosaure romain: Scipionyx.
    • La DinoActualité - Découverte d'un dinosaure carnivore géant en Patagonie

 

 

Rubriques de Novembre 2000:

Plein d'infos...Le Saviez-vous ?

Le doyen des dinosaures Sauropodes?

Nous vous l'annoncions le mois dernier, un dinosaure vieux de 210 millions d'années a été découvert dans le Nord-Est de la Thaïlande. Son âge en ferait le doyen de la Super-Famille des Sauropodes, les plus grands animaux ayant jamais existé. Sa découverte est parue dans la revue Nature, du 7 septembre:

Isanosaurus attavipachi
    Ce nouveau fossile vient d'un animal encore jeune, de 6,5 mètres de long, baptisé Isanosaurus attavipachi par ses découvreurs: Eric Buffetaut (du CNRS, Paris) et ses collègues du Geological Survey of Thailand, de l'Université de Bristol (Grande-Bretagne) et du Musée des dinosaures d'Espéraza (Aude). "Isanosaurus" signifie reptile d'Isan (la région de sa découverte) et "attavipachi" a été choisi en l'honneur de Preecha Attavipach, ancien directeur du service géologique thaïlandais reconnu pour son grand soutien matériel et moral à la recherche paléontologique.

Histoire de sa découverte
    Sa découverte a été faite grâce à un thaïlandais, chasseur d'écureuil volant: "S'arrêtant pour fumer une cigarette, cet homme a remarqué dans le sol quelque chose qui brillait au clair de la lune. Comme les Thaïlandais savent que leur terre possède de véritables trésors paléontologiques, il a eu la présence d'esprit d'aller le signaler aux autorités", a raconté Eric Buffetaut à l'AFP... Aussitôt une équipe internationale s'est constituée et ce sont pas moins de quatorze os plus ou moins complets (vertèbres, côtes, omoplate, fémur...) qui ont été mis au jour en 1998.
    Les restes exhumés d'Isanosaurus, bien qu'ayant certains caractères primitifs, le différencient nettement des prosauropodes, un groupe dont il existe quelques spécimens triasiques.

Depuis la rédaction de l'article pour Nature, un autre dinosaure, de quinze mètres de long a été trouvé à proximité, a révélé Eric Buffetaut. "Nous ignorons pour l'instant s'il s'agit de la même espèce, mais on peut imaginer que le premier aurait également atteint à l'âge adulte à peu près cette taille", ajoute le scientifique français.

Un dinosaure exceptionnel
    Ce n'est pas son état de fossilisation qui est intéressant, mais l'époque précoce à laquelle il a vécu: 210 millions d'années (fin du Trias supérieur). On savait déjà les Sauropodes, ces paisibles herbivores quadrupèdes, omniprésents dans la faune du Jurassique (208 à 146 M.A.) et du Crétacé (146 à 65 M.A.). Leur présence au Trias n'était que soupçonnée, grâce à des empreintes fossilisées. "Et encore, s'exclame Eric Buffetaut, ces empreintes sont très discutables et personne ne peut les attribuer avec certitude à des dinosaures sauropodes. En revanche, on avait depuis longtemps soupçonné l'existence de sauropodes dès le Trias supérieur. L'Isanosaure nous la confirme."

Cette découverte ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire des grands dinosaures sauropodes, qui sont donc bien apparus avant la période rendue célèbre par le film Jurassic Park. Ils ont ensuite largement dominé la faune terrestre pendant près de 150 millions d'années, avant de disparaître avec tous les autres dinosaures il y a 65 millions d'années.

 

Pour en savoir plus...

Position des Sauropodes dans la classification
Sur La Terre des Dinosaures: Description des Sauropodes / Leur mastication
Sauropodes célèbres: Barosaurus, Apatosaurus (=Brontosaure), Diplodocus, Brachiosaurus


Le Diplodocus


 

La DinoActualitéLes dernières dépèches

Comment les Sauropodes se servaient-ils de leur cou?

Le Brachiosaure Voilà une question qui peut paraître étrange, mais qui revient régulièrement sur le devant de l'actualité. En effet, l'imagerie traditionnelle représente le Diplodocus broutant les hautes branches des arbres, le cou, long de 6 mètres, gracieusement ployé comme celui d'un cygne. Spielberg, grand "dinosorologue" d'Hollywood, nous les avait ainsi montrés, tels des girafes préhistoriques.

Mais depuis quelques années, de nombreuses études sont en train de remettre cette conception en question. Deux approches sont utilisées, aboutissant à peu près aux mêmes conclusions:

Tout d'abord, le cou du Diplodocus est passé par la modélisation informatique. La taille, la forme des vertèbres cervicales,etc. ont été modélisés, ce qui a fait au total près d'une trentaine de paramètres pour chacune des 15 vertèbres cervicales.
    Ainsi, une reconstitution en trois dimensions a permis de comprendre la position du cou et sa flexibilité, en fonction des contraintes biomécaniques. Grâce à la souris -de l'ordinateur- les chercheurs ont imposé des flexions maximum aux cous, sans aller jusqu'au torticolis.

Résultat: sur l'écran, les animaux broutent sur un rayon de 4 mètres. Plutôt qu'une allure de girafe, le Diplodocus avait l'élégance de bovins... à très longs cous et se nourissaient de fougères, cycas, prêles, plutôt que des branches de conifères et de ginkgos. Ces interprétations ont été reprises par les scientifiques et les animateurs de la célèbre série Sur La Terre Des Dinosaures, pour arriver à remarquablement faire revivre ces animaux dans l'épisode 2. Le réalisme y est saisissant: quand un Diplodocus marche, on sent bien l'effet du poids sur sa peau qui tremble.

Une approche radicalement différente vient de la part des physiologistes, qui tentent de comprendre la biologie de ces gigantesques animaux terrestres. C'est le cas, entre autres, de Roger Seymour, de l'Université d'Adélaïde, en Australie, qui après avoir passé 24 ans de sa vie à étudier le cœur et la pression artérielle de divers mammifères et reptiles, vient de publier ses résultats dans deux revues.
    Ce qui interpelle ces scientifiques, c'est que pour pomper du sang jusqu'à une tête située à une hauteur de 15 mètres, il faudrait un cœur absolument énorme. Selon les calculs de Roger Seymour, un gros dinosaure comme le Barosaurus, par exemple, aurait eu besoin pour lever la tête d'un cœur avec un ventricule droit pesant deux tonnes à lui seul.
    Une situation impossible, non seulement parce qu'un tel cœur prendrait trop de place dans le corps, mais aussi parce que sa paroi serait si épaisse (en raison de l'énorme pression artérielle) qu'il faudrait plus d'énergie pour la déformer que pour pomper le sang en tant que tel. Un si gros muscle consommerait d'ailleurs autant d'énergie que le reste du corps...

Mais le problème n'est pas résolu pour autant! Si, pour le Diplodocus, la solution semble relativement claire, ce n'est pas encore le cas pour tous les Sauropodes.
    En effet, certains scientifiques pensent qu'il est tout à fait possible que les Sauropodes aient développé des cœurs auxiliaires ou un système de siphon. Un métabolisme très lent autoriserait aussi un cœur plus petit.
    Pour mettre fin à la controverse, il faudrait retrouver des fossiles avec des traces d'organes, ce qui est hautement improbable. Il n'y a plus qu'à attendre que la chance sourie aux paléontologues...

 

Pour en savoir plus...

Voir la rubrique "Le Saviez-vous?" (Le doyen des dinosaures sauropodes)

Le deuxième épisode de la série Sur la Terre Des Dinosaures
La fossilisation des organes: un événement rarissime
Les dinosaures de Jurassic park 3


 

Rubriques d'Octobre 2000:

Plein d'infos...Le Saviez-vous ?

Débat sur l'extinction des dinosaures

    Tous les paléontologues admettent aujourd'hui qu'une météorite géante a exterminé les dinosaures, il y a 65 millions d'années (M.A.). Mais une question demeure: la catastrophe a-t-elle été le coup de grâce pour des espèces déjà en déclin, ou a-t-elle emporté brutalement un groupe d'animaux qui avait encore beaucoup d'avenir? Dans ce débat entre gradualistes et catastrophistes, une étude publiée dans la revue Geology tranche plutôt en faveur des seconds. Les dinosaures, estime l'auteur, sont morts en bonne santé.

    L'étude, dirigée par Peter M. Sheehan, aux États-Unis, a mobilisé des dizaines de bénévoles pendant trois étés. Ils ont arpenté les sédiments riches en fossiles du Dakota du Nord et du Montana à la recherche de dinosaures. Ils en ont trouvé près de mille, datant de la toute fin du Crétacé. Premier constat: le Tyrannosaure est le carnivore le plus commun de l'époque, un honneur qui revient au Triceratops chez les herbivores.

    Plus intéressant: si l'on remonte aux derniers jours des dinosaures, dans les trois mètres de sédiments qui se trouvent immédiatement sous la couche de poussière riche en Iridium laissé par la météorite géante, le nombre de fossiles est aussi important que dans les couches inférieures. Cela signifie que les dinosaures n'étaient pas moins nombreux qu'avant, au moment où la catastrophe est survenue. Bien entendu, au-dessus de la couche d'Iridium, il n'y a plus le moindre dinosaure, preuve que la météorite marque leur fin.

    Evidemment, les gradualistes ne sont pas convaincus. Les sédiments examinés par Sheehan et ses collègues ne représentent que les deux derniers M.A. de l'ère des dinosaures. Si l'on remonte plus loin dans le passé, estiment-ils, on remarque que 5 ou 6 M.A. avant l'impact de la météorite, il y avait plus d'espèces de ces reptiles géants et que chacune était plus nombreuse. Et puis, il y a les autres animaux: les amphibiens, les oiseaux et les mammifères ont survécu. Ainsi, la seule manière d'expliquer que les dinosaures ont disparu, c'est que le groupe en entier était déjà malade, soutiennent-ils. Bref, le débat scientifique se poursuit.

 

La DinoActualitéLes dernières dépèches

Le chaînon manquant était une imposture.

    Depuis l'année dernière, l'unique fossile connu de l'Archaeoraptor liaoningensis fait beaucoup parler la communauté scientifique. Il s'agissait là, selon toute vraisemblance, d'un dinosaure à plumes de la grosseur d'une dinde, doté d'une queue et peut-être capable de voler. Bref, le chaînon manquant entre le dinosaure et l'oiseau.

    Mais la belle histoire s'arrête là. D'après le paléontologue chinois Xing Xu, de l'Institut de paléontologie et de paléoanthropologie des vertébrés à Pékin, la queue qui fascine tant les spécialistes proviendrait en fait d'un autre animal et aurait été associé à l'oiseau primitif par erreur.

    Comment une telle erreur est-elle possible? Il faut savoir que les fossiles ne sont pas toujours retrouvés d'un seul tenant. Les mouvements géologiques brisent parfois la roche, séparant les fossiles en parties éloignées de quelques centimètres ou quelques mètres. C'est pourquoi les fouilles demandent tant de minutie: il faut être sûr de bien reconstituer le puzzle.

    Or, le fossile de l'Archaeoraptor, qui provient de Chine, n'a pas été exhumé par des professionnels. Trouvé dans la province du Liaoning (nord-est) dans une couche géologique vieille de 120 millions d'années, le fossile avait par la suite été illégalement exporté de Chine par des trafiquants avant d'être vendu à un musée de l'état américain de l'Utah.

    Ce serait donc un assemblage de deux morceaux disparates, toujours selon M. Xu. Et c'est d'autant plus plausible que le fossile de l'Archaeoraptor est incomplet: le milieu du corps manque.

    En attendant, l'Archaeoraptor reste un fossile intéressant, car sa partie authentique présente, en plus de plumes, des traits morphologiques typiques des oiseaux qui n'avaient jamais été vus jusque-là sur un dinosaure.

 

Rubriques de Septembre 2000:

Plein d'infos...Le Saviez-vous ?

Un dinosaure romain

    L'Italie a découvert son premier fossile de dinosaure: un théropode, en mars 1 998. Il ne mesure que 23.7cm, mais sa conservation est exceptionnelle.

    Grâce à des conditions de fossilisation idéales, le squelette est complet et les tissus mous sont même visibles! Il est ainsi possible de suivre au microscope les fibres musculaires du pectoral de cet animal mort il y a 113 millions d'années...

    On a pu aussi suivre son intestin jusqu'à son extrémité, mesurer son diamètre: 5,2mm!

    Il a été découvert par Scipione Breislak et a été baptisé Scipionyx, en hommage au célèbre Publius Cornelius Scipio, consul romain.

 

 

La DinoActualitéLes dernières dépèches

08/2000 - Découverte d'un dinosaure carnivore géant en Patagonie (Argentine).

    Des paléontologues argentins ont retrouvé il y a un an les os fossilisés du plus gros dinosaure carnivore qui ait jamais existé. Selon un examen préliminaire, ce dinosaure qui vivait il y a 90 millions d'années était à peu près 5% plus gros que Giganotosaurus. Or, cette bête de 15 mètres de long trouvée en 1 993, était elle-même plus grosse que le célèbre Tyrannosaure.

    Le nouveau dinosaure, qui n'a pas encore de nom, est connu à travers cinq fossiles retrouvés sur le même site, en Argentine. Malheureusement, aucun des squelettes n'est complet. Ceci complique la reconstitution des 200 os de l'animal. Il faudra encore plusieurs mois de travail pour démontrer hors de tout doute que le nouveau venu était plus gros que le Giganotosaurus.

    La découverte de cinq fossiles au même endroit donne à penser que ce carnivore géant chassait en meute. On pense qu'il pouvait ainsi s'attaquer à un herbivore géant comme l'Argentinosaurus un monstre de 100 tonnes qui habitait aussi la région et qui est considéré comme le plus grand dinosaure de tous les temps.