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Angeac, au coeur de la paléontologie française Vous n'avez pas encore lu cet article.  Cet article ne fait pas partie de vos favoris.

Auteur: Le

Après les premières découvertes montrant que le gisement d'Angeac est l'un des plus importants en Europe, Ronan Allain nous explique comment la recherche va maintenant s'organiser sur ce site.

L'année 2010 a dévoilé des richesses paléontologique et l'énorme potentiel des carrières d'Angeac-Charente (Sud-Ouest de la France). Sur des centaines de mètres carrés s'étend un gisement fossilifère exceptionnel par la quantité d'ossements et par leur préservation. Il contient également des fossiles des plus gros dinosaures sauropodes d'Europe. Autre intérêt: l'appartenance du site au Crétacé inférieur, époque dont peu de fossiles nous sont parvenus. Autant d'atouts à ne pas laisser de côté...


Vue générale du site de fouilles, été 2010. Photo: Lexovisaurus



Les premiers chercheurs à avoir pris en charge les fossiles du site sont Jean-François Tournepiche, archéologue conservateur chargé des collections d'archéologie au musée d'Angoulême et Didier Néraudeau, paléontologue du laboratoire Géosciences de Rennes 1.


Récit des fouilles par le dessinateur Mazan



Maintenant que la première campagne de fouilles a eu lieu, comment les recherches vont-elles s'organiser pour les années à venir? Qui va étudier quoi?

Dans une interview exclusive pour DinoNews, le paléontologue Ronan Allain, du Muséum National d'Histoire Naturelle, fameux spécialiste des dinosaures, nous explique que le site d'Angeac a bénéficié de fonds du CNRS, qui seront sans doute reconduits pour les prochaines années. Et il y a du travail pour au moins 10 à 15 ans vu la richesse du site.

Ainsi, selon Ronan Allain, étant donné le caractère exceptionnel du site, Angeac va bénéficier d'une étude collégiale. C'est-à-dire qu'il a été décidé une répartition du travail dans différents instituts et différents chercheurs, principalement en France. Il s'agit sans doute d'une première de ce type, qui va permettre la collaboration des paléontologues français et de leurs équipes.

Tout d'abord, l'ensemble du travail sera coordonné par Didier Néraudeau. C'est le premier paléontologue qui est arrivé sur le site. De plus c'est une région qu'il connaît bien puisqu'il en est originaire, même s'il travaille aujourd'hui à Rennes. Enfin, spécialiste des environnements du Crétacé, on peut dire que Didier Néraudeau n'en est pas à son coup d'essai dans la région: avec Vincent Perrichot, et André Nel du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, il anime depuis plusieurs années un groupe de recherche spécialisé dans l'étude de l'ambre, cette résine fossile qui a permis au paléontologue une série de découvertes impressionnantes. Dans le cadre de ce travail, il lui est arrivé de fouiller des sites tout près d'Angeac.


Didier Néraudeau, croqué par Mazan



Ensuite, concernant les dinosaures d'Angeac, voilà la répartition prévue, toujours selon Ronan Allain:

- Jean Le Loeuff à Espéraza va s'occuper des Sauropodes (des genres proches des Turiasaurus ou Tastavinsaurus, représentés pour l'instant par des vertèbres, des os des pieds et des membres (fémur, humérus) et plusieurs dents);

- Eric Buffetaut va s'occuper de tout ce qui est Ornithopode (pour l'instant représentés par une dent et quelques os);

- Ronan Allain s'occupera des carnivores, autrement dit les théropodes (80% des os exhumés cet été correspondent à un dinosaure proche des Allosauridés);

- Jean-Michel Mazin et Joane Pouech vont s'occuper des micro-restes avec Romain Vullo, dans la lignée du travail qui a été réalisé à Cherves;

- Didier Néraudeau, en plus de la coordination, s'occupera de la partie sédimentologie, stratigraphie et taphonomie, autrement dit des conditions de formation du gisement, à la fois au niveau des couches géologiques ainsi que des phénomènes de fossilisation.

Les premières publications vont sortir rapidement, surtout ce qui concerne le bois fossilisé puisque Bernard Gomez, paléobotaniste de Lyon, les a déjà étudiés. Edwige Masure de Paris 6 s'est déjà occupée de tout ce qui est micro-restes pour la datation du site, avec David Batten en Angleterre.


Approfondissement du premier sondage sous l'oeil attentif de J.-F. Tournepiche et Ronan Allain. Photo: Lexovisaurus



Il y aura ensuite la place pour un étudiant en thèse. Ronan Allain nous a confié en effet:
"Là avec Angeac, je pense qu'une des choses que l'on a derrière tous en tête sur le projet, c'est peut-être de mettre rapidement un étudiant en thèse, parce qu'il y a vraiment un bon projet et pas mal de choses à faire."
"(...) Mais on ne sait pas quoi. Est-ce que ce sera l'étude d'un animal précis ou est-ce que ce sera quelque chose de plus large? On ne sait pas encore. Mais c'est une chose sur laquelle on va réfléchir très rapidement puisqu'il faut qu'on fasse des demandes de financement avant la fin de l'année."

Selon Jean-Michel Mazin (laboratoire Paléoenvironnements et paléobiosphère de Lyon), qui a étudié les microfossiles dans le gisement légèrement plus ancien de Cherves, situé plus à l'ouest, "le site d'Angeac est une aubaine, car il s'intercale entre la fin du Jurassique (site de Cherves) et le Crétacé moyen des Charentes (sites de Jarnac ou d'Archingeay), nous offrant ainsi l'opportunité d'accéder à une séquence inédite de l'histoire". Grâce à l'analyse des microfossiles, se profile l'opportunité de retrouver des dents d'animaux de petite taille, parmi lesquelles figureront peut-être celles des représentants des premiers mammifères terrestres. "Parce qu'on ne retrouve souvent pas plus d'une dizaine de ces dents microscopiques par tonne de sédiments, ce sont un peu les pépites d'or du paléontologue"...

Quant à Bernard Gomez, il y a déjà découvert une espèce de conifère jamais décrite dans un gisement français: "Dans le premier échantillon qui m'a été confié, j'ai pu observer une grande quantité de feuilles appartenant à l'espèce Watsoniocladus, associées à des organes reproducteurs qui lui appartiennent aussi sans doute."
Pour le chercheur, c'est le signe que l'environnement en place à cette époque devait s'apparenter à la zone inondable d'un cours d'eau de faible puissance, couverte d'une forêt peuplée principalement, peut-être même exclusivement, de cet arbre encore mal connu.


Reconstitution du gisement d'Angeac au Crétacé, par Mazan



Des premiers résultats prometteurs, un gisement qui renferme des trésors paléontologiques et une équipe de chercheurs motivée. Les carrières d'Angeac n'ont pas fini de faire parler d'elles...

A suivre...

Articles sur Angeac:
- Histoire de la découverte de la carrière aux dinosaures
- Les découvertes de la première campagne de fouilles

Partenariat DinoNews - MNHN:
- Jeu-concours
- Interview de Ronan Allain
- Galerie photos de l'exposition "Dans l'ombre des dinosaures"

 

En savoir plus: Journal du CNRS n°245

Tags: Angeac, Découverte, Gisement

 

 

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01-03-2012: Les dinosaures avaient-ils des puces?  Vous n'avez pas encore lu cet article.

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