Magnapaulia

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Fiche descriptive

¤ Etymologie du nom: "Du Latin magna signifiant grand, pour les grandes dimensions que pouvait atteindre l’animal, et le suffixe paulia honore Paul Haaga pour son soutient remarquable aux programmes de recherche du Natural History Museum du Comté de Los Angeles."

¤ Position dans la classification: Hadrosauroidea - Hadrosauridae - Lambeosaurinae - Lambeosaurini

¤ Eres géologiques: Crétacé supérieur (fin du Campanien supérieur : ~ 73,6 à 73 millions d’années).

¤ Taille estimée: 12,50 m à 13 m long, peut être plus.

¤ Poids estimé:

¤ Régime alimentaire: herbivore

¤ Répartition géographique: Formation El Gallo, Etat de Basse-Californie du Nord (région d’El Rosario), Mexique.

¤ Découvert en:

Magnapaulia laticaudus (Holotype) prémaxillaire gauche en vue antérolatérale (A), dorsolatérale (B) et ventrale (C). D’après Prieto-Márquez et al., 2012.




Les différentes espèces

L’adjectif spécifique vient du Latin latus, large et cauda, queue.

Synonyme junior :

Lambeosaurus laticaudus Morris, W.J. 1981


Inventaire des fossiles retrouvés

Magnapaulia laticaudus, spécimen LACM 17705 vertèbres caudales proximales en vue latérale droite (A) ; LACM 17702 vertèbres caudales proximales en vue latérale droite (B) et antérieure (C) ; LACM 20873 vertèbres caudales proximales et moyennes en vue latérale droite (E). D’après Prieto-Márquez et al., 2012.
  • LACM 17715 Holotype, divers restes crâniens et postcrâniens : un prémaxillaire gauche, un maxillaire gauche, un jugal gauche, une scapula droite, un coracoïde, un humérus, huit vertèbres cervicales, cinq vertèbres sacrées, trois vertèbres dorsales fragmentaires, plusieurs vertèbres caudales incomplètes, des arcs hémaux incomplets, quelques côtes, le fémur gauche et droit, l’ischion gauche, le tibia droit et le métatarse III droit.
  • Spécimens référés : des vertèbres, des os des membres et du bassin et des empreintes de peau.


Un dinosaure à l’identité changeante

  • Magnapaulia est un très grand hadrosaure découvert dans la péninsule de Basse-Californie au nord-ouest du Mexique. Il est représenté par un squelette incomplet incluant un crâne partiel, ainsi que divers éléments crâniens et postcrâniens isolés d’autres individus. En raison de la présence d’épines neurales très allongées sur les vertèbres caudales, ces spécimens mexicains furent dans un premier temps attribués à Hypacrosaurus altispinus (Morris, 1967), une espèce connue dans le Campanien du Canada. Plus tard, Morris (1972, 1973) changea de position et considéra que d’après la morphologie des narines externes, cet hadrosaure est plus proche du genre Lambeosaurus que d’Hypacrosaurus. En 1981, Morris plaça finalement l’animal dans une nouvelle espèce de lambéosaure, L. laticaudus. En 2007, Gates et al. estimèrent que l’holotype de L. laticaudus ne présente pas de caractères diagnostiques permettant d’identifier l’animal, aussi ils considérèrent cette espèce comme un nomen dubium, même s’ils n’excluaient pas la possibilité que ce spécimen puisse appartenir au genre Hypacrosaurus. En 2012, Prieto-Márquez et al. ont réétudiés les fossiles de cet hadrosaure et reconnaissent plusieurs caractères originaux chez cet animal. En conséquence, ils estiment que ces restes sont suffisamment différents de ceux de Lambeosaurus pour être placés dans un genre distinct qu’ils nomment Magnapaulia.


Caractères propres à ce dinosaure

Magnapaulia laticaudus LACM 17712 empreinte de peau. D’après Prieto-Márquez et al., 2012.
  • Magnapaulia se distingue par la combinaison des caractères suivants : un maxillaire ayant un processus antéroventral inclinée vers le bas formant un angle d’environ 18 degrés avec la marge alvéolaire ; des narines externes en forme de larme (plus longues que chez Hypacrosaurus altispinus, plus courtes que chez Hypacrosaurus stebingeri, Lambeosaurus et Corythosaurus, et plus larges que chez Parasaurolophus) ; un très grand développement des chevrons des vertèbres caudales antérieures (atteignant quatre fois la hauteur des centra vertébraux) ; des épines neurales des vertèbres dorsales, sacrales et caudales antérieures elles aussi très développées (faisant au moins quatre fois la taille de leur centra respectifs) ; et des prezygapophyses des vertèbres caudales fusionnant à leur base pour former une surface en forme de cuvette.


Des empreintes de peau

  • Outre les ossements de Magnapaulia, ont connaît aussi quelques empreintes de peau de l’animal, lesquelles furent retrouvées associées aux vertèbres dorsales antérieures. Ces empreintes de peau montrent une mosaïque de tubercules ovales et hexagonaux mesurant 2,5 à 10 mm de large. Ces tubercules sont bien ordonnés et sont occasionnellement intercalés de structures ovales plus grandes mesurant 35 à 40 mm de largeur. La taille, la forme polygonale et la disposition des tubercules de la peau de Magnapaulia ne diffèrent pas toutefois de ce qui est connu chez de nombreux autres hadrosaures ayant livrés des empreintes de peau.


Question de taille

En A, silhouette spéculative de Magnapaulia laticaudus avec en blanc les éléments du squelette réellement découverts. En B, la gamme de taille pour les spécimens connus de Magnapaulia laticaudus. D’après Prieto-Márquez et al., 2012.
  • En 1981, Morris avait estimé la taille de Lambeosaurus laticaudus (donc aujourd’hui Magnapaulia) à 14 ou 15 m de long. Prieto-Márquez et al. (2012) ont indiqués que Morris avait signalé un humérus partiel d’hadrosaure de la Formation El Gallo qui, s’il avait été complet, aurait mesurer environ 95 cm de long. L’hadrosaure propriétaire de cet os aurait pu effectivement approcher les 15 m de long. Mais Prieto-Márquez et al. n’ont pas retrouvés cet humérus dans les collections du Natural History Museum du Comté de Los Angeles et il n’est pas certain qu’il ait appartenu à Magnapaulia. Après une nouvelle étude des spécimens actuellement disponibles, Prieto-Márquez et al. ramènent les dimensions de l’animal à 12,50 m de long ce qui place tout de même Magnapaulia parmi les plus grands hadrosaures connus.


Un proche parent ailleurs au Mexique

  • Selon Prieto-Márquez et al., Magnapaulia serait étroitement apparenté à un autre lambeosaurine mexicain, le genre Velafrons qui fut découvert un peu plus à l’est dans des terrains légèrement plus récents. D’après Prieto-Márquez et al., Magnapaulia et Velafrons semblent se différencier l’un de l’autre au moins par la forme de leur maxillaire (et aussi par la morphologie des prémaxillaires selon Gates et al., 2007). Il n’est pas encore possible de distinguer d’autres différences importantes entre ces animaux, car les autres éléments diagnostiques des deux espèces sont localisés sur des parties du squelette qui manque à l’un ou à l’autre genre : la crête crânienne pour Velafrons (inconnue chez Magnapaulia) et les vertèbres caudales et dorsales pour Magnapaulia (inconnues chez Velafrons). Magnapaulia et Velafrons forment un clade de lambeosaurines endémique à la partie sud de l’Amérique du Nord et ce clade aurait divergé des lambeosaurines plus septentrionaux avant le Campanien moyen ou le début du Campanien supérieur (~ 77 à 75 millions d’années).


Paléogéographie

  • Au Crétacé supérieur, la péninsule de Basse-Californie était située environ 2000 km plus au sud que sa position actuelle, et se trouvait à peu près à la même latitude que l’Etat de Coahuila qui est l’autre région mexicaine riche en dinosaures du Campanien supérieur (Gates et al., 2007). Ce n’est que bien plus tard, au cours du Miocène, que la Basse-Californie dériva vers le nord, le long de ce que l’on appelle aujourd’hui la faille de San Andreas. Comme les autres dinosaures mexicains du Campanien supérieur, Magnapaulia vivait donc à l’extrême sud de l’ancien continent de Laramidia, une terre émergée formée par l’ouest de l’Amérique du Nord qui s’étendait de l’Alaska au nord du Mexique.


Faune associée

  • On ne connaît pas encore très bien les dinosaures qui vivaient avec Magnapaulia. Le seul autre dinosaure de Basse-Californie à avoir été décrit est le théropode Labocania qui n’est connu que par des restes très fragmentaires et dont la position systématique est incertaine (certains y voient un tyrannosaure, d’autres un carcharodontosaure et d’autres encore un abélisauridé). Mais ce dernier provient d’une formation géologique légèrement plus ancienne que celle ayant livrée Magnapaulia. Il n’y a donc pas de preuve que ces deux dinosaures se soient rencontrés. Récemment, Peecook et al. ont signalés dans la formation El Gallo un métatarsien appartenant à un tyrannosauridé, ce qui montre que ce groupe de grands théropodes était présent dans le même environnement que Magnapaulia. Des restes de tyrannosauridés sont également présents dans les dépôts légèrement plus récents de la Formation Cerro del Pueblo dans l’Etat de Coahuila (qui a livrée les hadrosaures Velafrons, Kritosaurus et Latirhinus, ainsi que le cératopsien Coahuilaceratops) démontrant ainsi que ce groupe de théropodes semble avoir été les carnivores dominant des régions méridionales de Laramidia, comme il était aussi dans les régions plus septentrionale de ce continent. Morris (1968 et 1973) avait également signalé dans la Formation El Gallo, des restes indéterminés d’ankylosaures, de Dromaeosauridés et de Troodontidés. Magnapaulia est donc, à l’heure actuelle, le dinosaure le mieux connu de Basse-Californie.


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Publications

  • Morris WJ (1967) Baja California: Late Cretaceous dinosaurs. Science 155: 1539–1541.
  • Morris, W.J. 1968. Mesozoic and Tertiary vertebrates in Baja California. National Geographic Society Research Reports 1967: 195–198.
  • Morris WJ (1972) A giant hadrosaurian dinosaur from Baja California. Journal of Paleontology 46: 777–779.
  • Morris WJ (1973) A review of Pacific coast hadrosaurs. Journal of Paleontology 47: 551 561.
  • Morris, W.J. 1973. Mesozoic and Tertiary vertebrates in Baja California. National Geographic Society Research Reports 1966: 197–209.
  • Morris, William J. (1981). A new species of hadrosaurian dinosaur from the Upper Cretaceous of Baja California: ?Lambeosaurus laticaudus. Journal of Paleontology 55 (2): 453–462.
  • Gates, Terry A.; Sampson, Scott D.; Delgado de Jesús, Carlos R.; Zanno, Lindsay E.; Eberth, David; Hernandez-Rivera, René; Aguillón Martínez, Martha C.; and Kirkland, James I. (2007). Velafrons coahuilensis, a new lambeosaurine hadrosaurid (Dinosauria: Ornithopoda) from the Late Campanian Cerro del Pueblo Formation, Coahuila, Mexico. Journal of Vertebrate Paleontology 27 (4): 917–930.
  • Prieto-Márquez A, Chiappe LM, Joshi SH (2012) The Lambeosaurine Dinosaur Magnapaulia laticaudus from the Late Cretaceous of Baja California, Northwestern Mexico. PLoS ONE 7(6): e38207. doi:10.1371/journal.pone.0038207.
  • Peecook, B. R., J. A. Wilson, R. Hernández-Rivera, M. Montellano-Ballesteros, G. P. Wilson. 2013 (in press). First tyrannosaurid remains from the Upper Cretaceous (upper Campanian) ‘El Gallo’ Formation of Baja California, México. Acta Palaeontologica Polonica.