Balaur

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Fiche descriptive

¤ Etymologie du nom: "Balaur est un ancien mot roumain signifiant dragon"

¤ Position dans la classification: Dromaeosauridae

¤ Eres géologiques: Crétacé supérieur (Maastrichtien inférieur : ~ 70 à 68 millions d’années).

¤ Taille estimée: 2 à 3 m de long

¤ Poids estimé:

¤ Régime alimentaire: carnivore

¤ Répartition géographique: Formation Sebeş, Comté d’Alba et Formation Densuş-Ciula, Comté d’Hunedoara (Roumanie)

¤ Découvert en: 2009 pour l’holotype (et 1997 pour les spécimens référés)


Les différentes espèces

L’adjectif spécifique bondoc signifie robuste, trapu.

Inventaire des fossiles retrouvés

  • PV.313 Holotype, un squelette postcrânien incomplet mais articulé comprenant des vertèbres dorsales, sacrales et caudales, une grande partie des membres, des ceintures pectorales et pelviennes. Tous ces éléments proviennent des environs de Sebeş dans le Comté d’Alba.
  • Spécimens référés à Balaur sp. : R.1580 (un humérus gauche), R.1581 (un ulna gauche), R.1582-1584 (des phalanges de la main gauche), R.1585 (le métacarpe II de la main gauche). Tous ces éléments proviennent probablement d’un même individu, lequel était environ 45 % plus grand (~ 3 m de long) que l’holotype, et ont été découvert sur le site de Tuştea, dans le Comté d’Hunedoara à moins de 100 kilomètres de Sebeş.

Caractères propres à ce dinosaure

  • L’un des théropodes les plus complet du Crétacé supérieur d’Europe, Balaur est un dromaeosauridé étonnant par ses proportions robustes et par diverses particularités anatomiques. Parmi celles-ci figurent les mains qui présentent un doigt III extrêmement réduit et probablement non-fonctionnel alors que les doigts I et II sont normalement développés. On note une importante fusion de certains os de la main et surtout des membres postérieurs (le tibia, la fibula et les tarses proximaux sont fusionnés et forment un tibiotarse, les tarses distaux sont coossifiés avec les métatarses et les métatarses II à IV sont fusionnés les uns les autres sur une bonne partie de leur longueur). Le tibia, la fibula et les tarses, en plus d’être fusionnés, sont également plus courts que chez les autres dromaeosaures. Le bassin est également unique par la disposition du pubis et de l’ischion lesquels, sont presque parallèles au long axe de l’ilion. Mais la caractéristique la plus surprenante de Balaur et certainement le pied qui possède un doigt I aussi développé que le doigt II (le doigt I du pied des autres dromaeosaures (et de bien d’autres théropodes) est habituellement réduit et non fonctionnel) et qui porte comme ce dernier une griffe en faucille. Balaur est donc un dromaeosaure ayant deux griffes en forme de faux à chaque pied. L’anatomie des métatarses indique que le mouvement d’extension de l’arrière vers l’avant de chaque griffe en forme de faux était plus limité que chez tous les autres Dromaeosauridés.
  • D’après Csiki et al., Balaur serait étroitement apparenté au Velociraptor, ce qui témoigne de communication terrestre entre l’Asie et les îles orientales de l’archipel européen du Crétacé supérieur. D’autres dinosaures du Crétacé supérieur d’Europe témoignent d’une ou plusieurs migrations de faunes entre les îles de l’archipel européen et le continent asiatique. C’est le cas du cératopsien hongrois Ajkaceratops apparenté au bagaceratopsides de Chine et de Mongolie (Ősi et al., 2010). C’est le cas aussi des hadrosaures lambeosaurines de l’île Ibero-Occitane, le Pararhabdodon espagnol est apparenté au Tsintaosaurus chinois (Prieto-Márquez et al., 2013) tandis que le Canardia du sud de la France est un proche parent du genre Aralosaurus du Kazakhstan (Bilotte et al., 2010, Prieto-Márquez et al., 2013).

Reconstitution de la vie de ce dinosaure

  • Balaur vivait sur une île (appelée île d’Hateg ou île Transylvanienne) dont on ne connaît pas très bien les dimensions. Diverses études ont données une superficie allant de 7500 km² à 200 000 km² (Dercourt et al., 1993, 2000). Plus récemment, Benton et al. (2010) estime la superficie de l’île à environ 80 000 km² en considérant que cette île n’incluait pas seulement l’actuel bassin d’Hateg, mais également le basin transylvanien et autres régions voisines ayant conservées des dépôts continentaux du Maastrichtien. La plupart des dinosaures de cette île devinrent plus petits que leurs cousins du continent. C’est le cas des titanosaures Magyarosaurus dacus et Paludititan nalatzensis, de l’ankylosaure Struthiosaurus transsylvanicus et de l’hadrosauroïde basal Telmatosaurus transsylvanicus. D’autres comme les ornithopodes Rhabdodontidae Zalmoxes robustus et Z. shqiperorum semblent avoir conservés une taille normale par rapport au standard du groupe (Ősi et al., 2012). C’est aussi le cas de Balaur qui avec ses 2 à 3 m de long est de dimension comparable à celles de divers dromaeosauridés vivant en Asie et en Amérique du Nord. L’insularité n’a donc pas engendré de nanisme chez Balaur, en revanche, pour Csiki et al. (2010) et Brusatte et al. (2013), elle serait responsable des particularités anatomiques de ce dromaeosaure. Balaur avec ses proportions robustes, ses membres postérieurs relativement courts et son centre de gravité plutôt bas n’était pas taillé pour la course. Ses proies potentielles comme les titanosaures, les ankylosaures et même les rhabdodontides et les hadrosauroïdes étaient des animaux plutôt lents. Aussi, il est possible que les proportions de Balaur soit une adaptation à la capture de proies lentes mais vigoureuses qu’il chassait peut être en pratiquant l’embuscade (en chassant seul et/ou en groupe). Les dinosaures de cette île étaient accompagnés par tout un cortège de tortues, crocodiles, amphibiens, lézards et ptérosaures comme le gigantesque Hatzegopteryx.

Galerie d'images

Actualité de ce dinosaure

Publications

  • Dercourt, J., Ricou, L.E., Vrielynck, B. (Eds.), 1993. Atlas Tethys Paleoenvironmental Maps. BEICIP-FRANLAB, Rueil-Malmaison.
  • Dercourt, J., Gaetani, M., Vrielynck, B., Barrier, E., Biju-Duval, B., Brunet, M., Cadet, J.P., Crasquin, S., Săndulescu, N., (Eds.) 2000. Atlas peri-Tethys, palaeogeographical maps. CCGM/CGMW, Paris, 269 pp.
  • Benton, M.J., et al. 2010. Dinosaurs and the island rule: the dwarfed dinosaurs from Hateg Island. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology 293: 438–454.
  • Bilotte, M., Laurent, Y., Téodore, D. 2010. Restes d’hadrosaure dans le Crétacé terminal marin de Larcan (Petites Pyrénées, Haute-Garonne, France): Carnets de Géologie/Notebooks on Geology, 2010/02, pp. 1-10.
  • Csiki, Z., M. Vremir, S.L. Brusatte, and M.A. Norell. 2010. An aberrant island-dwelling theropod dinosaur from the Late Cretaceous of Romania. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America 107 (35): 15357–15361.
  • Ősi, Attila; Butler, R.J.; Weishampel, David B. (2010) A Late Cretaceous ceratopsian dinosaur from Europe with Asian affinities. Nature 465 (7297): 466–468.
  • Ősi A, Prondvai E, Butler R, Weishampel DB (2012) Phylogeny, Histology and Inferred Body Size Evolution in a New Rhabdodontid Dinosaur from the Late Cretaceous of Hungary. PLoS ONE 7(9): e44318. doi:10.1371/journal.pone.0044318
  • Turner, A.H., P.J. Makovicky, and M.A. Norell. 2012. A review of dromaeosaurid systematics and paravian phylogeny. Bulletin of the American Museum of Natural History 371: 1–206.
  • Stephen L. Brusatte, Mátyás Vremir, Zoltán Csiki-Sava, Alan H. Turner, Akinobu Watanabe, Gregory M. Erickson, and Mark A. Norell (2013) The Osteology of Balaur bondoc, an Island-Dwelling Dromaeosaurid (Dinosauria: Theropoda) from the Late Cretaceous of Romania. Bulletin of the American Museum of Natural History Number 374 :1-100.
  • Prieto-Márquez, A.; Dalla Vecchia, F. M.; Gaete, R.; Galobart, À. (2013). Diversity, Relationships, and Biogeography of the Lambeosaurine Dinosaurs from the European Archipelago, with Description of the New Aralosaurin Canardia garonnensis. In Dodson, Peter. PLoS ONE 8 (7): e69835.