Abelisaurus

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Fiche descriptive

¤ Etymologie du nom: "Le genre est nommé d’après le Professeur Roberto Abel, qui découvrit le spécimen, et du Grec sauros, lézard."

¤ Position dans la classification: Ceratosauria - Abelisauroidea - Abelisauridae

¤ Eres géologiques: Crétacé supérieur (Campanien inférieur : ~ 80 millions d’années)

¤ Taille estimée: ~ 9 à 10 m de long

¤ Poids estimé:

¤ Régime alimentaire: carnivore

¤ Répartition géographique: Formation Anacleto, Lac Pellegrini près de Comahue, Département de Général Rocas, province de Río Negro, Argentine.

¤ Découvert en:

Abelisaurus comahuensis. Artiste inconnu.



Les différentes espèces

L’adjectif spécifique fait référence à la ville de Comahue, située non loin du site de découverte.

Inventaire des fossiles retrouvés

  • MPCA 11908 (Holotype), un crâne incomplet.


Découverte

Abelisaurus comahuensis crâne en vue latérale gauche et dorsale. D’après Bonaparte et Novas, 1985.
  • Abelisaurus est le genre type de la famille des Abelisauridae, il n’est connu que par un crâne incomplet découvert par le Professeur Roberto Abel, directeur du Musée de Cipolleti, sur les rives du Lac Pellegrini près de la ville de Comahue. Les strates rocheuses qui affleurent le long du Lac Pellegrini furent dans un premier temps attribuées à la Formation Allen qui date du Maastrichtien inférieur, et Bonaparte et Novas, qui décrivirent Abelisaurus en 1985 considéraient donc que ce théropode provenait de cette formation sédimentaire. Mais par la suite, une étude a démontrée que ces strates étaient plus anciennes et appartenaient en fait à la partie supérieure de la Formation Anacleto qui date du Campanien inférieur - moyen (Heredia et Salgado, 1999).
  • Les éléments crâniens d’Abelisaurus ont été retrouvés dans un état très fragmentaire ; au crâne, il manque la quasi-totalité du côté droit, les mâchoires inférieures, les processus ascendant des prémaxillaires, une bonne partie du maxillaire gauche et du jugal gauche, une portion antérieure et postérieure des nasaux, et des éléments de la boîte crânienne. Ce qui reste a été inclus dans une reconstitution à des fins d’exposition, et ce crâne fortement reconstruit mesure 87 cm de long. D’après Caranno et Sampson (2008), des distorsions potmortem ont modifiés certaines proportions du crâne, et plusieurs contact importants entre les éléments crâniens sont absents (c’est le cas de toutes les articulations jugales). Pour ces auteurs, il n’y a aucune raison d’articuler l’os carré dans une position fortement inclinée latéralement et postéroventralement, d’autant plus qu’une telle disposition n’existe pas chez les abélisauridés dont on possède un crâne relativement complet tels ceux du Carnotaurus et du Majungasaurus. De plus, Carrano et Sampson font remarquer que les contacts articulaires des carrés gauche et droit ont été déformés asymétriquement de sorte qu’il n’est pas possible de déterminer avec certitude quelle était leur position d’origine.


Caractères propres à ce dinosaure

  • Le crâne d’Abelisaurus est plus long et plus bas que chez la plupart des Abelisauridae (sauf Aucasaurus) mais il reste néanmoins plus court et plus haut que celui de la majorité des grands théropodes non abélisauriens. La fenêtre antéorbitaire est particulièrement grande chez ce taxon, les nasaux sont fortement ornementés de rugosités et les prémaxillaires sont fusionnés. Carrano et Sampson (2008) souligne le fait que la plupart des caractéristiques d’Abelisaurus mentionnées dans la description de Bonaparte et Novas (contact lacrymal/postorbitaire latéral au frontal, "sourcil orbitaire", rugosités nasales, etc.) sont aujourd’hui des caractéristiques de la famille des Abelisauridae ou de groupes plus inclusifs. C’est pourquoi ces auteurs ont donnés une nouvelle diagnose d’Abelisaurus que voici : présence d’un rebord ventral important du quadratojugal qui chevauche l’arrière du carré, et une haute bosse dorsale sur le bord latéral du toit crânien formée par le postorbitaire, le squamosal et le pariétal.


Ressemblances avec les Carcharodontosauridae

  • Plusieurs auteurs ont notés que la forme générale du crâne d’Abelisaurus évoque celui des Carcharodontosauridae (Novas, 1997 ; Sampson et al., 1998 ; Lamanna et al., 2002). Les ressemblances observées sont une fosse antéorbitaire réduite, des nasaux et des maxillaires rugueux, une fenêtre antéorbitaire très développée, un large contact entre le lacrymal et le postorbitaire formant un épais "sourcil osseux" au-dessus de l’orbite, une orbite envahie par le lacrymal et le postorbitaire, et un carré fortement incliné caudoventralement. Lamanna et al. ont donc suggérés qu’Abelisaurus était peut être un Carcharodontosauridae plutôt qu’un Abelisauridae (ce qui impliquerait que le nom de famille de ces derniers devrait être changé puisqu’il fut nommé à partir du genre Abelisaurus). Cependant, Novas (2009) considère qu’Abelisaurus ne présente aucun des caractères distinctifs des carcharodontosauridés (tels qu’un occiput incliné rostrodorsalement et des pariétaux portant une crête sagittale transversalement élargi), mais partage plusieurs caractères avec les abélisauridés Carnotaurus et Majungasaurus (tels des nasaux épaissis dorsoventralement, un toit crânien à la surface ornementée, une crête pariétale en forme de coupe en vue dorsale, des prémaxillaire courts et profonds, et une surface caudale du basioccipital large et lisse). Pour Novas, les ressemblances entre le crâne d’Abelisaurus et celui des carcharodontosauridés et juste un exemple de convergence morphologique entre deux groupes de théropodes non apparentés.

Aucasaurus est-il un synonyme d’Abelisaurus ?

Comparaison entre le toit crânien d’Abelisaurus comahuensis (A) et celui, partiel, d’Aucasaurus garridoi (B), les deux en en vue dorsale. Modifié, d’après Paulina carajabal, 2011b.
  • En 2009, le paléontologue argentin Fernando Novas a émis l’hypothèse qu’Aucasaurus garridoi, trouvé lui aussi dans la Formation Anacleto mais provenant de la province voisine du Neuquén, et Abelisaurus comahuensis , pourrait être le même dinosaure. Novas (qui s’étonne que Coria et ses collègues n’aient réalisés dans leur article aucune comparaison entre ces deux dinosaures) considère que les deux genres sont très semblables en ayant un museau et une fenêtre antéorbitaire plus allongé et plus bas que chez Carnotaurus, un bord ventral de la fenêtre antéorbitaire horizontal (plutôt que fortement courbé comme chez Carnotaurus), un antre maxillaire complètement exposé latéralement et des frontaux enflés à la place de cornes. Novas conclu toutefois que seules des études comparatives ultérieures des crânes d’Aucasaurus et d’Abelisaurus révèleront si ces deux genres sont synonymes.
  • Plus récemment, Ariana Paulina Carabajal (2011b) a publiée une étude comparative détaillée des boîtes crâniennes d’Aucasaurus et d’Abelisaurus qui confirme la présence de similitudes au niveau du toit crânien des deux animaux (comme l’a mentionné Novas), mais aussi l’existence de différences entre les deux genres. Parmi les similitudes, Aucasaurus et Abelisaurus possèdent tous les deux un toit crânien essentiellement plat, mais dont les frontaux montrent un épaississement à proximité du rebord orbitaire pour former un dôme. Parmi les différences, Paulina Carajabal estime qu’Aucasaurus possède un toit crânien pourvu d’une crête sagittale large et relativement plate, ainsi qu’une éminence pariétale relativement basse. Ces caractères distingueraient clairement Aucasaurus d’Abelisaurus chez qui la crête sagittale est étroite et fortement inclinée rostroventralement, et qui possède une haute éminence pariétale qui dépasse nettement le toit crânien (caractères que l’on retrouve aussi chez Carnotaurus et Majungasaurus). Les deux genres seraient donc bien distincts, de plus, le degré de fusion des os de la boîte crânienne indique qu’Aucasaurus et Abelisaurus sont représentés par des individus adultes de tailles très différentes. Le premier est une forme de taille moyenne mesurant 4,30 m de long, alors que le second était au moins deux fois plus grand. Le crâne d’Abelisaurus mesure en effet 87 cm de long (c’est le plus grand crâne connu d’un Abelisauridae) ce qui permet d’estimer la taille de ce prédateur à 9 ou 10 m de long. Ces dimensions font de lui l’un des plus grand abélisauridés, seulement dépassé en taille par une nouvelle espèce encore non nommée du Crétacé supérieur du Kenya (Sertich, 2013), et peut être par Ekrixinatosaurus (Juárez Valieri et al., 2011). Bien que concernant ce dernier, Novas et al. (2013) ne sont pas d'accord.

Publications

  • Bonaparte, J.F. & Novas, F.E. (1985). Abelisaurus comahuensis, n.g., n.sp., Carnosauria del Cretácico Tardio de patagonia. Ameghiniana. 21 (2-4): 259-265. Lire l'article en ligne (pdf)
  • Heredia, S., and Salgado, L. (1999) Posición estratigráfica de los estratos supracretácicos portadores de dinosaurios en Lago Pellegrini, Patagonia septentrional, Argentina. Ameghiniana 36(2): 229-234.
  • Coria, R.A., Chiappe, L.M., Dingus, L. (2002) A new close relative of Carnotaurus sastrei Bonaparte, 1985 (Theropoda: Abelisauridae) from the Late Cretaceous of Patagonia. Journal of Vertebrate Paleontology 22: 460–465.
  • Carrano, M.T. and Sampson, S.D. (2008). The phylogeny of Ceratosauria (Dinosauria: Theropoda). Journal of Systematic Palaeontology 6(2):183-236.
  • Novas, F.E. (2009). Cretaceous theropods. In: J.O. Farlow (ed.). The age of dinosaurs in South America, University of Indiana Press, p.242-340.
  • Novas, F., Chatterjee, S., Rudra. D., and Datta., P.M. (2010) Rahiolisaurus gujaratensis, n. gen. n. sp., a new abelisaurid theropod from the Late Cretaceous of India. In: Bandyopadhyay, S., editor. New Aspects of Mesozoic Biodiversity. Lecture Notes in Earth Sciences, Vol. 132. Berlin: Springer. pp. 45–62.
  • Juárez Valieri, R.D.; Porfiri, J.D.; and Calvo, J.O. (2011). New information on Ekrixinatosaurus novasi Calvo et al. 2004, a giant and massively-constructed Abelisauroid from the "Middle Cretaceous" of Patagonia. In Calvo, González, Riga, Porfiri and Dos Santos (ed.). Paleontología y dinosarios desde América Latina. pp. 161–169.
  • Paulina Carabajal, A. (2011a) The braincase anatomy of Carnotaurus sastrei (Theropoda: Abelisauridae) from the Upper Cretaceous of Patagonia. Journal of Vertebrate Paleontology, 31, 378–386.
  • Paulina Carabajal, A. (2011b) Braincases of abelisaurid theropods from the Upper Cretaceous of North Patagonia. Palaeontology 54 (4), 793-806.
  • Sertich, J.J.W. (2013) The dinosaurs of island Africa: a new latest Cretaceous fauna from Kenya and the evolution of gigantism in abelisaurid theropods. in The End of the Dinosaurs: Changes in the Late Cretaceous Biosphere, 15th Annual PaleoFest, Burpee Museum, 2-3.III.2013.
  • Novas, F.E., et al., (2013) Evolution of the carnivorous dinosaurs during the Cretaceous: The evidence from Patagonia. Cretaceous Research, vol. 45, pages 174-215.