Tricératops
Tricératops

- Tricératops -

Son nom signifie "reptile à trois cornes"
Classification Ornitischiens>Cératopsidés
Epoque Crétacé sup. (72-65 Ma.)
Taille 8 à 9 m long - 4 m haut
Poids 4,5 à 8 tonnes
Vitesse estimée 25 - 30 km/h
Répartition Amérique Nord
Régime alimentaire Herbivore
Date de sa découverte 1887 (George L. Cannon)
Le dinosaure Triceratops


    Triceratops est certainement le dinosaure à cornes le plus connu! C'était aussi le plus commun de son groupe, le plus grand et le plus lourd, pesant près de 10 tonnes...

Un énorme casque osseux

Son crâne seul, avec sa courte collerette cervicale, mesurait plus de 2 mètres de long. Mais bien que ce dinosaure appartienne à la famille des Cératopsidés à collerette courte, où la corne nasale était, typiquement, plus longue que les frontales, la disposition des cornes chez Triceratops ressemblait plus à celle du groupe à collerette longue.

Le Triceratops possédait une corne nasale courte et grosse, deux longues cornes frontales, de plus d'un mètre de long. Chez certaines espèces, les cornes frontales étaient plus longues encore et dépassaient le bec. Le noyau osseux de ces cornes pouvait mesurer 90 cm, mais elles devaient être encore plus longues de son vivant à cause des structures cornées qui les recouvraient, comme les bovins actuels.

De plus, contrairement aux autres membres de son groupe comme Centrosaurus, Triceratops avait une collerette cervicale constituée d'une lame osseuse pleine. Le fait qu'elle n'était pas trouée suggère que son rôle principal était de défense plutôt que de point d'ancrage pour les muscles des mâchoires. Chez certaines espèces, des boutons pointus hérisaient les bords de la collerette, offrant une protection supplémentaire.

Vascularisée, cette collerette pouvait sans doute faire office de régulateur thermique, libérant la chaleur ou l'emmagasinant selon qu'il se trouvait à l'ombre ou au soleil.

Avec cette tête énorme mais très osseuse, on aurait pu penser que Tricératops avait un tout petit cerveau, d'autant plus que les dinosaures ne sont pas réputés pour leurs capacités cérébrales. Cependant, des moulages de sa cavité endocrânienne (de la taille d'une petite main humaine) montrent que son cerveau n'est pas seulement de bonne taille pour un reptile, mais sa structure est assez complexe, ce qui indique que cet animal n'était pas si "stupide". Les chercheurs qui ont étudié les moulages ont conclu que les grands Cératopsiens étaient plus rapides et plus agiles que les Stégosaures, mais qu'ils étaient plus lents que des Ornithopodes et des Théropodes, avec des sens moins développés.

La structure crânienne massive du Tricératops a pu se fossiliser plus aisément que celle d'autres crânes moins robustes. Ainsi, des centaines de spécimens bien préservés ont été récoltés dans l'ouest de l'Amérique du Nord, dont plus de 500 crânes découverts par l'Américain Barnum Brown à la fin du XIXe siècle. L'affluence de fossiles de ce dinosaure a très certainement contribué à la forte popularité dont il jouit aujourd'hui encore, d'autant plus que se retrouver nez à nez avec un crâne (fossile!) de Tricératops, est impressionnant et inoubliable.

La morphologie caractéristique des Cératopsiens

Squelette d'un Triceratops Le groupe des Cératopsiens, auquel appartient Triceratops, comprend de nombreux dinosaures d'allures variées, mais partageant de nombreux caractères: ce sont de grands animaux quadrupèdes, avec une queue relativement courte car elle n'a plus le rôle de contrepoids (contrairement à la plupart des dinosaures: Tyrannosaure, Apatosaure, Vélociraptor, etc.), leurs membres postérieurs sont robustes, en forme de piliers et beaucoup plus longs que les membres antérieurs. Cette grande différence de longueur conforte l'idée que les grands Cératopsidés dérivent d'ancêtres bipèdes comparables à Psittacosaurus ou Microceratops.

Les membres antérieurs sont donc courts mais solides avec de grandes crêtes osseuses permettant l'insertion de muscles puissants. Ces muscles s'inséraient sur de grandes crêtes osseuses, ce qui a permis une bonne reconstitution de la musculature des membres antérieurs des Cératopsidés. Il marchait sur la pointe des pieds.

Les contraintes imposées à de tels membres antérieurs sont assez claires: la tête étant très lourde, les pattes avant supportaient un poids considérable. De plus, le balancement de cette tête pour brouter et son rôle dans les combats permettent d'en déduire que la puissance et la robustesse des membres antérieurs étaient remarquables. On peut se faire une idée du poids énorme de la tête de ces dinosaures en observant la structure des vertèbres cervicales: les trois premières vertèbres situées juste derrière le crâne sont fusionnées, formant une structure osseuse monobloc. Ainsi, pour supporter le poids de la tête, de nombreuses adaptations ont été nécessaires, dont une rigidification du cou.

Reconstitution du Triceratops

De puissantes cornes très utiles

Beaucoup de crânes, de cornes et de collerettes cervicales ont été retrouvés endommagés et épars. Cela suggère que les Triceratops se battaient entre eux, en entrechoquant leurs cornes et en donnant des coups de lames céphaliques; une partie creuse dans le sommet du crâne amortissait le choc et protégeait le cerveau. Ils réservaient les cornes aiguës pour leurs vrais ennemis, tels Tyrannosaurus ou Albertosaurus. Confrontés à ces carnivores, le troupeau de Triceratops devait se regrouper, avec ses plus jeunes au centre et les mâles devant le prédateur, qui se retrouvait ainsi face à une rangée de cornes suffisamment puissantes pour être dissuasives. Isolé, un Triceratops pouvait peut-être espérer rester en vie en chargeant son agresseur, mais, contrairement aux actuels rhinocéros, sans aller jusqu'à l'impact qui aurait été trop violent à encaisser étant donné le poids du crâne (voir le paragraphe précédent).

Mais les cornes des antilopes et celles de nombreux autres grands mammifères ongulés actuels servent à établir une hiérarchie sociale au sein de ces communautés animales et représentent le moyen de conquérir ou de préserver un territoire, surtout entre mâles (les luttes entre cerfs en sont un bon exemple). La variété dans la forme des cornes et des bois serait donc une parure associée à certains comportements plutôt qu'un simple moyen de décourager les prédateurs.

En ce qui concerne son régime alimentaire, les paléontologues ne sont pas encore sûrs. En effet, l'énorme mâchoire portait, en arrière du bec, de longues séries de dents empilées en colonnes serrées. Ce n'étaient pas des molaires à proprement parler, car leur action consistait à glisser verticalement les unes contre les autres, comme de vastes cisailles. Ce système dentaire est unique dans le monde animal. Les végétaux broutés par le Tricératops devaient être extrêmement fibreux, nécessitant d'être hachés, plutôt que d'être broyés par des molaires de type conventionnel. Son menu devait donc se composer de conifères, cycas et plantes à fleurs.

 

Dans le Montana (aux Etats-Unis), les os de Triceratops et de Tyrannosaurus se rencontrent à quelques mètres du sommet des sédiments les plus récents du Crétacé. Ces dinosaures remarquablement adaptés furent donc parmi les derniers qui vécurent jamais sur Terre.

Des problèmes de classification...

La division des Cératopsidés d'après la forme de leur collerette est pratique pour les partager, mais elle est plus qu'incertaine et la validité de cette séparation fait l'objet de polémiques. La position de Triceratops donne un bon exemple des problèmes engendrés par cette classification: bien qu'il ait effectivement une collerette relativement courte, il ne partage pas tous les caractères des autres formes de son groupe. Il a notamment de longues cornes pointues au-dessus des yeux et une petite corne nasale, ce qui semble être une combinaison typique des formes à collerette longue.

Ainsi, Triceratops serait-il en réalité une forme de Cératopsidé à collerette longue chez qui la corne serait plus courte que la normale , ou bien cet animal est-il une forme à collerette courte qui possède le type de cornes rencontré habituellement chez les formes à collerettes longues? Ou encore: est-il l'exception qui confirme la règle ou faut-il revoir cette classification?

 

Il existe 9 espèces de Tricératops: Triceratops horridus, T. albertensis, T. alticornis, T. eurycephalus, T. galeus, T. ingens, T. maximus, T. prorsus, T. sulcatus. Mais de nombreux spécimens qui avaient d'abord été décrits comme des espèces séparées sont aujourd'hui rassemblés, de nombreux travaux ayant montré que ce sont soit des variations individuelles normales, soit des jeunes individus, soit un dimorphisme sexuel. Par exemple, T. calicornus, T. elatus, T. flabellatus, T. obtusus et T. serratus correspondent en fait seulement à T. horridus.

Dessin du Triceratops

 

 

Pour en savoir plus

 

 


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