Le nombre de types cellulaires est une méthode possible pour mesurer la complexité, mais qui n'a pas plus de sens qu'une autre. Tu auras par exemple beaucoup moins de types cellulaires qu'un angiosperme moyen. Et il faut aussi composer avec la complexité des cellules elles-mêmes (une paramécie ou une diatomée sont beaucoup plus complexe que n'importe laquelle de tes cellules).
En effet, comme dit Gigy, l'homme est peut être le plus complexe du point de vue des chaînes de production d'outils. Mais ce n'est qu'une fonction parmi les milliards que nous effectuons.
Or, nous considérons cette fonction comme "importante" (et nous insistons dessus), uniquement car elle fait de nous des êtres différents des autres.
C'est un peu comme lorsqu'on parle d'hominisation : il s'agit en fait d'énumérer tous les caractères apparus dans notre lignée, mais surtout pas dans les lignées parallèles ; les caractères de notre lignée étant perçus comme plus "importants".
Cela se retrouve aussi dans l'enseignement et la diffusion des connaissances : quelles sont les étapes majeures de l'évolution ? La multicellularité (quid des unicellulaires ?), "la" sortie des eaux (celle des vertébrés bien sûr, les plantes arthropodes ou mollusques sont omis), l'apparition du membre chiridien, de l'amnios, des glandes mammaires, de la bipédie (humaine, pas celle des dinosaures...)...
Qui parlera de l'apparition de la mobilité du prémaxillaire comme d'un évènement majeur de l'évolution des vertébrés ? Personne, pourtant ce caractère définit les téléostéens, le groupe majeur de vertébrés actuels (30 000 espèces).
Je ne suis pas en train de critiquer la façon de penser l'évolution humaine, qui est finalement bien naturelle. Et je comprends tout à fait ce que tu veux dire Gigy, quand tu parles de complexité des outils pour l'être humain.
Mais je pense que cette remise en perspective est fondamentale ;)
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